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En conversation avec Sophie Le Borgne et Amani Rizk, Architectes, Le Borgne Rizk Architecture
Quand l’architecte s’en mêle.


GREENPRINT: Qu’est-ce qui vous a mené à l’architecture?
Sophie Le Borgne: Pour ma part, mon grand-père était architecte. Lorsque j’allais chez lui nous dessinions et j’étais très inspirée par sa collection de crayons et stylos-plumes. Ma grand-mère était une artiste peintre. Cela a grandement nourri mon imagination. Le design en général m’a toujours intéressé, mais plus particulièrement l’architecture. Chaque projet est un acte important parce qu’il marque une empreinte définitive, modifiant le rapport que nous entretenons avec lui, notre façon de le percevoir, de l’appréhender et de l’habiter. En fait, c’est ma manière très personnelle d’être immortelle et laisser quelque chose derrière moi.

Amani Rizk: J’ai toujours été passionnée par les relations humaines et par le design d’objet, et, pour ne pas suivre les traces de mon père qui est architecte, je décide de me lancer dans des études de Design d’Environnement en 1999. L’héritage de mon père me rattrape quand même, puisque c’est en développant un parcours architectural pour un projet de musée, que la passion naît, et que l’intérêt pour l’usager comme moteur conceptuel commence. Avec ce métier, je peux nourrir autant ma passion pour la créativité, que mon désir de gestion, et ma sensibilité esthétique. L’idée de pouvoir créer des projets inspirés, durables, et orientés vers l’expérience humaine me stimule pleinement.

G: Quand et qu’est-ce qui a mené à la création de Le Borgne Rizk?
Le BORGNE RIZK: En 2018 nous étions deux architectes à travailler dans le même voisinage. Nous avons commencé à collaborer, puis nous avons décidé de joindre nos talents et unir nos forces et nos compétences. C’est beaucoup plus agréable de travailler en équipe, que seul. Nous avons multiplié les projets et ouvert notre bureau officiellement en 2019. Aujourd’hui, avec le confinement, nous travaillons à distance et sommes très heureuses de pouvoir le faire en équipe grâce aux plateformes de télétravail.

G: Pourquoi faire appel à un architecte pour son projet résidentiel?
Le BORGNE RIZK: Pour un projet sur mesure qui vous correspond, mais aussi pour un projet qui saura bien vieillir au fil des années. Engager un architecte est une façon concrète d’apporter une valeur ajoutée à un projet de construction. Les gens font appel à nous aussi pour gagner du temps et éviter les erreurs. De la conception à la réalisation, l’architecte s’assure que tous les intervenants travaillent selon la vision que vous avez établie ensemble. Grâce à sa vision globale, il est le seul professionnel à vous offrir un accompagnement complet à chacune des étapes de votre projet. Nouvellement, la Loi sur les architectes, adoptée en septembre 2020, attribue à l’architecte plusieurs actes qui leur sont réservés dans l’exercice de leurs fonctions. En engageant un architecte, vous vous assurez que ce dernier respecte un code de déontologie et qu’il entreprend des inspections professionnelles. Les architectes doivent également suivre un programme de formation continue obligatoire et souscrire à une assurance responsabilité professionnelle, en cas de problème. Travailler avec un architecte c’est acheter la tranquillité d’esprit pour la réalisation d’un projet.

G: Pourquoi faire appel à Le Borgne Rizk pour son projet résidentiel?
Le BORGNE RIZK: Pour vivre une expérience positive lors de la réalisation de votre projet d’architecture. Parce que l’architecture nous habite et que nous l’habitons quotidiennement. Nous nous devons d’y porter une attention particulière. Nous avons le privilège de pouvoir concevoir et construire des habitations, des bâtiments publics et privés, ou même des écoles, qui participeront à l’embellissement de notre cadre bâti. C’est donc grâce à notre formation, notre multidisciplinarité, notre créativité et notre engagement, que nous arrivons à créer des projets sensibles, fonctionnels et harmonieux, résolument ancrés dans leur contexte et soucieux de participer à un environnement durable et intégré.


maison du musée
Rénovation d’une maison en rangée sur 2 étages au centre ville de Montréal
Photo: Maxime Brouillet

G: Dans quel quartier résidez-vous chacune?
Le BORGNE RIZK: Nous habitons toutes les deux l’arrondissement Notre-Dame-De-Grâce. Nous croyons que ce quartier est tout indiqué pour élever une famille, chacune composée de deux enfants. La qualité des parcs et le choix des écoles font de ce quartier l’endroit de rêve pour une famille.
La rue Monkland a tout pour plaire.

G: Dans quel quartier se trouve votre bureau?
Le BORGNE RIZK: Notre bureau se trouve dans le quartier de St-Henri, d’abord parce que nous aimons être tout près de notre clientèle. De plus, il s’agit d’un quartier dynamique, avec beaucoup d’action, et nous apprécions le fait d’habiter à distance de marche de ce dernier. Nous sommes dans le RCA, un édifice industriel historique datant de 1908, ancienne usine de RCA Victor; cet immeuble est devenu l’épicentre d’esprits créatifs, de par sa riche histoire et ses nombreux pionniers musicaux. Aujourd’hui, des événements s’y déroulent, tels que le SOUK MTL, un marché annuel des meilleurs designers et créateurs de Montréal.

G: 2 femmes architectes dans un univers principalement masculin; quels avantages? Quels challenges?
Le BORGNE RIZK: De nos jours, ce sont les femmes qui nous contactent de plus en plus, pour leurs projets d’architecture. Cela n’aurait pas été ainsi dans les années 50. C’est donc facile pour nous de comprendre leurs quotidiens, leurs logistiques organisationnelles et spatiales dans la maison avec leurs enfants.
Les femmes d’aujourd’hui sont plus en contrôle de leurs destinées; elles prennent en main leur environnement, leur maison, et n’hésitent pas à nous confier leurs projets. Notre vision intègre une certaine flexibilité et reflète nos valeurs familiales dans notre savoirfaire. En ce sens, nous avons d’ailleurs prévu un coin jeux & jouets au bureau, pour accueillir nos clients avec leurs enfants. C’est vous dire à quel point les choses ont changé positivement. Nous n’aurions pu imaginer ce type d’installation dans une firme d’architecture, au début des années 2000. Lorsque je suis entrée sur le marché du travail, je n’avais pas de référence ni de modèle de patronne, à la fois associée dans une firme et mère de plusieurs enfants. Aujourd’hui, je sais qu’il est possible d’élever des enfants, être propriétaire d’entreprise et gérer des employés. Certes il faut jongler avec le temps, mais rien n’est impossible. Qui aurait cru que le réseautage de clients pouvait maintenant se faire en cardiopoussette, plutôt qu’au golf?
Bien sûr, les métiers de la construction sont encore principalement composés d’hommes. Heureusement, des changements se pointent à l’horizon, et les femmes investissent le milieu, lentement mais sûrement!


Bureau RCA
Photo: Maxime Brouillet

G: Dans quels types de projets vous spécialisez-vous principalement?
Le BORGNE RIZK: Nous avons débuté avec des projets résidentiels, mais nous travaillons de plus en plus sur des projets commerciaux et institutionnels, dont la Place des Arts.

G: Comment l’architecture contribue-t-elle à développer et définir l’identité de nos quartiers, nos villes, nos communautés?
Le BORGNE RIZK: Un quartier n’est pas simplement un groupe d’individus entrant en contact par la force des choses. Il y a une existence collective selon l’histoire d’un lieu. Cela se manifeste par des trames, des liens, des conflits, des politiques, mais aussi par l’architecture. En tant qu’architecte, il faut prévoir des lieux de rassemblements pour contribuer à l’identité d’un quartier, autres que ceux que permettent au hasard les trottoirs. Les places publiques ont leurs raisons d’être, et leurs personnalités. C’est justement ce que nous avons tenté de créer dans le projet du Heritage Empress sur Sherbrooke dans NDG, avec la création d’un marché public dans un parc en face de l’ancien Théâtre Empress.

G: Nouvelles tendances en architecture qui vous inspirent? Tendances en architecture qui vous déplaisent?
Le BORGNE RIZK: Actuellement, nous voyons des nouvelles tendances inspirées des formes libres ou abstraites. Les projets qui intègrent les plantes vertes dans les maisons, sur les murs. Les teintes de couleurs terre, des matériaux durables. Les céramiques aux couleurs crémeuses ont vraiment la cote.
Autrement, les revêtements intérieurs muraux en bois de grange ont vraiment fait leur temps, oubliez-les.

G: Le contexte actuel de pandémie oblige-t-il à repenser le travail de l’architecte?
Le BORGNE RIZK: La pandémie nous oblige à tout repenser: nos contacts physiques, nos relations de travail, nos rencontres, nos présentations, notre utilisation du papier et des divers outils, mais aussi notre vision de l’architecture. Nous essayons toujours dans nos projets de mettre de l’avant une architecture évolutive, des espaces adaptables, et aujourd’hui, plus que jamais, cette approche est pertinente. Une sensibilité renforcée aux matériaux sains devient aussi plus qu’importante. En tant qu’architectes, nous modelons les environnements bâtis et nous savons aujourd’hui que ceuxci ont une influence non négligeable sur notre qualité de vie. Je crois que la pandémie nous a aidé, comme société, à comprendre la pertinence du travail de l’architecte, ne serait-ce que pour l’utilisation de matériaux durables et la pérennité des projets.

G: Que dire de l’évolution architecturale du Sud-Ouest de Montréal?
Sophie Le Borgne: Le Sud-Ouest offre l’un des potentiels de développement les plus élevés à Montréal. Jusqu’à tout récemment, son territoire était composé de terrains vacants, d’anciens bâtiments industriels et de grands sites à développer. L’apparition du gigantesque hôpital coloré a favorisé l’embourgeoisement du secteur, tandis que l’échangeur Turcot à remodelé le paysage routier. Contrairement à d’autres quartiers, le Sud-Ouest s’est développé très rapidement durant les dernières années, entre autres dû à l’apparition rapide de condos, particulièrement au long du canal de Lachine. Certains sont de bons goûts, d’autres moins. Nous apprécions beaucoup le quartier, spécialement pour son héritage industriel et la particularité d’avoir été, jadis, un quartier ouvrier.

Amani Rizk: C’est toujours fascinant de voir un quartier se déployer, se réinventer, et voir comment la créativité des architectes, artistes, restaurateurs, développeurs réussit à s’exprimer à travers le cadre bâti. Mais c’est aussi un couteau à double tranchant. Un nouveau développement, rapide et agressif, ne prend pas en compte les besoins de tout le monde, et on a comme résultat des laissés pour compte ainsi que des groupes exclus. Une vision globale et inclusive doit impérativement être mise de l’avant lors du développement d’un quartier.

G: Comment le travail de Le Borgne Rizk est-il en dialogue avec l’architecture historique de Montréal?
Le BORGNE RIZK: Autant que possible, nous tentons de conserver toute richesse patrimoniale d’intérêt des projets sur lequel nous travaillons. Ce travail se manifeste de plusieurs manières, par la répétition de matériaux d’origine, en conservant la forme d’un bâtiment ou certaines de ses configurations spatiales. Il arrive aussi parfois que les connotations ou significations culturelles contribuent à la valeur patrimoniale d’un lieu. Dialoguer avec l’architecture historique, ce n’est pas simple et cela ne se limite pas à la juxtaposition d’un volume nouveau à une structure ancienne. Dialoguer signifie écouter, s’imprégner et répondre. C’est justement ce que nous tentons de faire lors de la réhabilitation d’un bâtiment.
Avec notre projet Heritage Empress, nous jouons sur l’héritage légué par le Théâtre Empress de NDG et nous dialoguons avec la structure existante en réinterprétant sa relation dans la trame urbaine contemporaine.


Projet Empress

G: Trois beaux exemples d’architectures dans le Sud-Ouest?
Sophie Le Borgne: Le projet Elää et Irène de Kanva sont de beaux exemples.
Autrement, notre propre projet sur la rue Notre-Dame.

G: Trois beaux exemples d’architecture à Montréal?
Amani Rizk: Le Pavillon pour la paix Michal et Renata Hornstein (MBAM) par Jodoin Lamarre Pratte.
Voici un exemple grandiose de dialogue équilibré entre un ajout moderne et un bâtiment existant. Le travail d’insertion urbaine est aussi extrêmement efficace et saisissant. Dans ce projet, tant les intérieurs que l’extérieur sont délicats, riches et profonds, et invitent à la contemplation, telles les magnifiques toiles qui y sont logées.
L’Habitat 67 par Jodoin Lamarre Pratte.
Un monument historique extravagant par sa modernité, son esthétisme et son minimalisme. Ce bâtiment a été applaudi partout dans le monde. Véritable emblème de l’habitation.
La Fonderie Darling par Jodoin Lamarre Pratte.
Un exemple spectaculaire de l’architecture industrielle qui définit si bien certains secteurs à Montréal. De par sa volumétrie, le bâtiment est très imposant et massif, mais si délicat et fragile en même temps. Ses proportions sont rassurantes et sa réhabilitation met parfaitement en valeur sa structure.

Le BORGNE RIZK Architecture

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