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En conversation avec Jean-François St-Onge, Architecte et Cofondateur, ADHOC Architecture
On parle architecture, design, l’approche ADHOC, et ces liens qui se créent avec le bâti au fil du temps.


GREENPRINT: Quels sont les objectifs qui ont menés à la création d’ADHOC Architecture?
Jean-François St-Onge: ADHOC architectes est une firme d’architecture créative, née de la rencontre entre deux architectes aux personnalités uniques et complémentaires. Réunis par leur passion pour l’architecture, leur vision commune et leur fibre entrepreneuriale, ils décident d’unir leurs compétences en fondant ADHOC architectes, une agence créative offrant des services en architecture, design d’intérieur et design urbain. Cette association gagnante est notamment récompensée lors des Grands Prix du design 2018 avec le Prix de la relève.
Notre principal objectif est de mettre en valeur les éléments intrinsèques des lieux et les valoriser par une architecture innovante, identitaire, contextuelle et poétique afin de proposer des concepts créatifs inscrits dans l’expérience spatiale qu’ils accompagnent. Évoquant la locution latine ad hoc signifiant «pour cela», le nom de la firme porte en lui toute la philosophie de celle-ci. Ainsi, former une équipe ADHOC, c’est concevoir un système d’organisation du travail en dehors des structures traditionnelles ayant pour but de résoudre un problème spécifique. Reflet d’une pratique innovante aux multiples facettes propre à ADHOC architectes, cette approche transversale vise à tenir un niveau de qualité incontestable et à créer un véritable laboratoire de recherche collaboratif et pluridisciplinaire.

GREENPRINT: Comment l’architecture contribue-t-elle à créer l’identité unique de nos quartiers de Montréal?
Jean-François St-Onge: Lorsqu’il est question de l’identité architecturale d’un quartier, on se réfère souvent à son architecture construite (les pleins) et l’on en vient à oublier tout l’espace circonscrit entre ces constructions (les vides). À mon avis, c’est notamment à cet égard que l’architecture contribue à créer l’identité de nos villes et villages. La ruelle est d’ailleurs un excellent exemple de ces vides urbains caractérisant certains quartiers. Elle est souvent le témoin «voire même le catalyseur» des activités de bon voisinage. Ainsi, la manière dont sont implantés les bâtiments a un impact aussi considérable que l’architecture qui les définit. Le rapport à la rue, la présence de balcons ou d’escaliers, voilà autant d’éléments qui peuvent devenir profondément identitaires pour nos quartiers.

GREENPRINT: Comment l’architecture transforme-t-elle nos villes, nos quotidiens, tant sur le plan esthétique que fonctionnel?
Jean-François St-Onge: L’architecture est avant tout le reflet d’une culture. En ce sens, l’une des valeurs inhérentes à celle-ci consiste à insuffler un caractère unique à chaque ville, à chaque région. L’architecture représente à la fois la mémoire du temps et une matérialisation concrète des adaptations de la ville. Dans notre travail, nous nous plaisons à considérer la ville et son architecture comme un organisme vivant qui s’adapte et évolue selon les préceptes en place. Surtout, nous croyons que l’architecture doit devenir un vecteur qui n’impose jamais, mais plutôt qui favorise les rencontres, la bonification de nos quotidiens, l’appropriation d’espaces publics… Car au fond, est-ce réellement l’architecture qui transforme nos villes et nos quotidiens ou est-ce plutôt nos villes et nos quotidiens qui façonnent l’architecture?

Dans tous les cas, il nous apparaît évident que l’architecture, justement puisqu’elle contribue constamment à redéfinir une ville, doit s’inscrire en continuité avec l’histoire et la culture du lieu. Ainsi, l’esthétisme se reflète d’abord dans l’harmonisation du projet dans son contexte. Esthétisme et fonctionnalité vont de pair dans cette approche. Les choix conceptuels et esthétiques qui guident un projet d’architecture répondent à un besoin, à une fonction, pour s’inscrire dans le lieu. Il suffit de penser aux escaliers extérieurs résidentiels; si ces ouvrages devaient avant tout répondre à une fonction précise, ils sont rapidement devenus plus: éléments architecturaux intéressants et emblèmes des quartiers résidentiels montréalais. En jouant avec ces paradigmes, nous pouvons alors interpréter des éléments fonctionnels pour leur insuffler un caractère plus contemporain, créer une architecture adaptée à nos quotidiens, qui s’inscrit dans la ville et la transforme tout à la fois.

Projet VOL-AU-VENT
Design urbain à Saint-Roch, Québec, Qc
Grand prix du design 2015 / Catégorie Design événementiel et installation éphémère / Projet Lauréat
Photo: Alexandre Guilbeault

GREENPRINT: Quelles considérations interviennent lors de la conception et la réalisation de projets à échelle plex comparativement à d’autres types d’architecture résidentielle?
Jean-François St-Onge: À Montréal, et notamment dans les quartiers centraux où nous travaillons beaucoup, nous avons eu l’opportunité de collaborer à de nombreux projets dits d’insertion ou de plex. Dans le cadre de ces projets, puisque notre travail consiste souvent à intégrer le projet dans un ensemble urbain existant, notre première considération consiste toujours à saisir le caractère propre au contexte existant. En observant la rue, on décèle parfois un ensemble plus homogène alors qu’à d’autres occasions, l’hétérogénéité du lieu peut être étonnante.

Dans le premier cas, nous nous inspirons des typologies en place en interprétant ces codes de manière contemporaine afin de répondre en adéquation aux enjeux de notre époque. A contrario, face à des compositions plus éclectiques, nous avons plutôt tendance à répondre de manière plus forte et plus contrastée.

Dans tous les cas cependant, dans le cadre de notre pratique, nous préférons mettre en exergue les caractéristiques du contexte particulier de chaque projet plutôt que de projeter une vision idéalisée de ce que devrait être une rue ou un quartier.

GREENPRINT: Parlez-nous du dialogue entre design et architecture dans ce type de projet.
Jean-François St-Onge: Avec des projets de cette envergure, le design d’intérieur occupe inévitablement une place prépondérante. Il devient crucial d’allier design et architecture afin que la limite entre les deux devienne imperceptible; les deux se nourrissant l’un de l’autre. Le projet doit être perçu comme un tout cohérent, comme une oeuvre globale racontant une seule et unique histoire. À tout coup, il importe de créer des lieux singuliers, fonctionnels et attractifs. Que ce soit par la conception d’espaces atypiques ou par une signature graphique, les valeurs du projet seront donc traduites via cette unicité. Afin de créer un ensemble cohérent, nous travaillons cette identité à toutes les échelles de projet. Au final, tous les éléments, qu’ils soient urbains, architecturaux, de design d’intérieur ou de paysage, convergent en un seul concept fort, qui peut alors rayonner et s’exprimer pleinement.

Résidence St-André
Résidence à Montréal, Qc
Photo: Raphael Thibodeau

GREENPRINT: La pandémie a-t-elle eu, va-t-elle avoir un impact court, moyen, long terme sur le travail de l’architecte?
Jean-François St-Onge: Personnellement, je ne crois pas que la pandémie aura un impact sur le travail de l’architecte, à l’exception faite bien sûr du télétravail. Cela dit, à mon avis, la pandémie ne fera qu’amplifier des changements qui s’opéraient déjà avant celle-ci comme le télétravail, la livraison à domicile, l’achat en ligne, l’intérêt pour les produits locaux, une alimentation saine pour ne nommer que ceux-ci.
Pour ce qui attrait à l’architecture construite, j’ose toujours imaginer, ou du moins concevoir, une architecture qui perdure dans le temps, au-delà des décennies, voire des siècles. Actuellement, avec ma famille, je vis dans un plex qui a subi très peu de modifications depuis sa construction, datant d’il y a plus de 100 ans. Cet immeuble a connu la grippe espagnole, la grippe asiatique, les deux guerres mondiales et pourtant, l’appartement dans lequel j’habite a très peu changé à travers toutes ces années. Et considérant sa valeur actuelle, il semble encore répondre parfaitement aux besoins contemporains!

GREENPRINT: Un projet récent ADHOC dont vous aimeriez nous parler.
Jean-François St-Onge: Le projet WVW.
Le projet WVW est un ensemble résidentiel locatif de 32 unités localisé sur la rue Wellington à Verdun. Le WVW est particulièrement évocateur de notre démarche conceptuelle; il s’agit d’un projet fortement inspiré de son quartier adoptif. En effet, l’aspect relativement homogène et structuré de Verdun et son cadre bâti renvoyant à l’échelle du piéton sont sources d’inspiration pour le projet. Chaque plex présente une matérialité et un gabarit qui lui est propre, tout en affichant des proportions de façades typiques du quartier. Le gabarit des bâtiments se module en fonction de ses voisins immédiats, pour former un ensemble construit cohérent. La proposition met de l’avant une architecture humble et structurée, mais dont la finesse et le cachet rappellent les plex d’époque. Les teintes de briques choisies s’agencent aussi à celles du quartier, conférant au projet sa sobriété tout en valorisant son architecture contemporaine De plus, le projet est finaliste pour le prestigieux prix d’excellence de l’Ordre des architectes du Québec!
Il s’est taillé une place parmi les 3 projets sélectionnés dans la catégorie des ensembles résidentiels de type multifamilial.
Nous sommes fiers que cette expertise retienne l’attention du jury et nous avons bien hâte pour la suite.

WVW VILLAGE WELL
Projet résidentiel sur la rue Wellington, Verdun, Qc
Photo: Raphael Thibodeau


ADHOC ARCHITECTES

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